Ca y est, j'ai enfin visité l'Atomium, après cinq ans de vie bruxelloise ! Il paraît que l'Atomium est à Bruxelles ce que la tour Eiffel est à Paris, alors je pouvais difficilement faire l'impasse sur ce monument belge par excellence.
Mais ce qui est extraordinaire, c'est que cette simple visite à l'Atomium résume pour moi l'expérience que je fais de la Belgique au quotidien en tant qu'expatriée française. Restez avec moi, c'est cocasse...
L'Atomium, c'est du lourd
(pour la petite histoire, ceci est une pipe, non l'Atomium, non même pas, c'est une reproduction de l'Atomium en Autriche, car l'image de ce dernier étant protégée de manière encore plus radicale que celle de Tintin, je ne peux même pas vous régaler de visuels alléchants)
Bon, pour ceux qui ne connaissent pas l'Atomium, en gros, c'est un édifice construit pour l'Exposition universelle de 1958 et qui représente la trame d'un cristal de fer agrandi 165 milliards de fois, pour une hauteur totale de 102 mètres. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite soit à visiter le site de l'Atomium, soit celui de Wikipedia.
D'emblée, nous sommes refroidis par le prix : 11 euros par adulte. Quand on sait que la visite de la tour Eiffel (qui est quand même 3 fois plus haute que l'Atomium) est à 4,50 euros pour ceux qui veulent bien se donner la peine de monter par les escaliers, cela laisse rêveur.
Bref, nous payons (en famille avec des enfants en bas âge et des amis venus de Suisse), puis nous entrons dans le hall d'entrée qui contient en gros l'ascenseur et une volée d'escaliers menant à la première boule. Prenant notre courage à deux mains, malgré la présence des deux pitchounes, nous décidons de monter par les escaliers, histoire de mourir en meilleure santé. Nous visitons deux boules, avec deux inoubliables expositions (lire pathétiques), l'une sur l'expo de 1958, l'autre de plusieurs jeunes designers belges sur des objets plus ou moins détournés du quotidien.
Bon, en soi, pas de quoi fouetter un chat. Ce qui me fait beaucoup rire dans cette histoire, ce n'est pas la qualité banale des expos, mais ce que l'Atomium dit de lui-même sur son site et dans sa brochure. Attention:
"Un demi-siècle plus tard, l’Atomium continue d’ailleurs d’incarner ces idées de futur et d’universalité et perpétue, notamment au travers de sa programmation culturelle, la réflexion amorcée en 1958 : de quelle sorte de futur voulons-nous pour demain? à quoi tient notre bonheur?"
Alors, si vous voyez à quoi tient notre bonheur dans une paire de sabots en plastique et un porte-serviette en carton (deux objets de l'expo sus-mentionnée), faites-moi signe, ça m'intéresse de savoir ce que vous fumez :-).
L'Atomium, c'est du sérieux
Là où les choses se corsent, c'est quand, après n'avoir vu que deux boules sur les quatre à visiter (les deux autres n'étant pas accessibles pour tous les publics, on se demande bien pourquoi), nous arrivons à une boule-café qui marque la fin de notre progression sportive. Ah oui, j'ai oublié de vous dire que nous avons troqué l'escalier du départ contre des escalators un peu moins hard-core par la suite.
Et là, nous sommes coincés ! Eh oui, si on voulait monter jusqu'à la boule du haut, celle qui permet de profiter d'un beau panorama, il fallait prendre l'ascenceur au rez-de-chausée (et la queue de touristes qui va avec, of course). Déçue, passablement énervée, je repère alors un ascenseur au centre de cette boule. Je vois bien que c'est le même ascenseur que celui qui mène à la boule du haut, mais quand je demande pourquoi on ne peut pas l'utiliser, une gardienne postée là me répond : "Ah non, cet ascenseur est réservée aux personnes handicapées et aux femmes enceintes."
Bon, alors, il faut m'expliquer parce que si les handicapés et les femmes enceintes belges arrivent à monter une centaine de marches et à prendre trois très longs escalators, alors là je ne suis plus !!
Bref, devant tant de bonne volonté, nous déclarons forfait et retournons faire la queue comme des moutons devant l'ascenseur, avec une "vision optimiste dans l'avenir d'un monde neuf, moderne et hyper-technologique qui devrait permettre aux hommes de vivre mieux." (toujours le site de l'Atomium).
L'Atomium, c'est du belge
Et enfin, le clou du spectacle, après tant d'efforts, le panorama. Et bien, croyez-le ou non, difficile d'être ému devant un panorama qui s'étale sur des petits bouts de fenêtre permettant à peine de capturer dans sa vision un huitième de la circonférence totale de la boule (je vous laisse calculer...). Ben oui, c'est quand même pas la tour Eiffel, pas de frisson garanti en s'approchant du bord, pas de vision 360° ou presque sur un Paris tout riquiqui. Bref, encore une fois, grosse déception alors qu'on nous promettait monts et merveilles.
Je vais encore passer pour une ronchonne (heu...), une plume à la critique facile, mais c'est vrai, quoi, y en a assez de se faire promettre la Lune, les étoiles et les petits hommes qui vont avec à chacune de mes sorties culturelles en Belgique. En trois mots comme en 100, j'y retrouve un condensé d'une certaine Belgique : absurde, surréaliste, mettant des termes ampoulés sur des choses simples, culturellement pauvre et à la signalétique pathétique.
Non mais franchement, c'était comment vous, la première fois (pour l'Atomium, je veux dire...) ?
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